Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Azylis le Mer 13 Déc - 14:48

Ce qui est amusant lorsqu'on est dans un demi-sommeil, c'est qu'on a conscience qu'il se passe des choses autour de nous, on entend des bruits, on peut même sentir des odeurs... mais on ne se sent absolument pas concerné. Alors quand en plus on est blottit contre une masse bien chaude (bon, qui pue un peu le sang et le fauve, mais on fait avec), le monde pourrait bien exploser, qu'on en aurait rien à foutre...

- JE VAIS TE TUER ENFOIRÉ !!

Wait what ?!
Mon cerveaux embrumé avait du mal à comprendre ce qui se passait, néanmoins l'explosion de douleur lorsque mon crâne rencontra le linoléum fut amplement suffisante pour finir de totalement me réveiller. Avec un grognement de douleur je levai le regard avec Tiago qui s'était redressé, le regard hagard, avant de me tourner vers l'origine de tous ces hurlements.

- J'avais pourtant demandé pas de bord-... wow... wowwowWOW !

Je me précipitai sur Alice, que Komuro et Katsue tentaient déjà de maîtriser, et me postai entre elle et le lit de Kazuma (et accessoirement le réservoir à oxygène), les mains levées en tentative d'apaisement. Bon sang, elle était tellement furax que même deux combattant tels que les deux cousins avaient du mal à la retenir.

- Doucement doucement ! Qu'est-ce qui s'est passé ?!
- Une regrettable et stupide idée...
- Akira ?! m'exclamais-je en me tournant le responsable... qui pourtant ne semblait pourtant ne pas avoir encore émergé.
- Non non, Kazuma-san !

Je tournai la tête si brutalement que mon cou craqua, et je réalisai qu'au moins un des deux blessé critique allait bien (même si ça risquait de ne pas durer, au train où vont les choses).

- Alice, tu vas tout faire péter !
- M'EN FOUT !

T'es gentille MAIS PAS MOI !

- Mais si tout pète tout le monde meurt, même Kazuma !
- JUSTEMENT !
- Mais... Mais Alina aussi ! Et toi aussi ! Et Thorn ! Tu ne veux quand même pas que ton animae clapote ?! Et puis tu vas laisser des gens derrière-toi, je sais pas ! Pense à ceux qui te connaissent !

Je crus déceler un léger changement dans son regard, mais ça pouvait tout aussi bien être un reflet de la boule de feu. Dans tous les cas je décidai de rester sur ma lancée.

- Il n'y a pas des gens qui te doivent des choses ? Il y a bien deux-trois crétins qui se sont attirés des noises auprès de toi, non ? Tu veux vraiment les laisser s'en sortir comme ça ?

Même si, si ce sont des résidents, il finiront carbonisés comme nous tous, mais ne soulevons pas ce détail.
Je la laissais traiter ces informations, avant de risquer le tout pour le tout et m'avançai d'un tout petit pas pour chuchoter à voix basse :

- Un plant de canabis, rien qu'à toi, caché où tu le désires. Ou n'importe quelle autre saloperie que tu fumes ! Tant qu'il n'y a pas de trafic dans cette vallée, tu en fais ce que tu veux. Pas besoin de produit chimiques, 100% naturel, tu en auras jamais gouté un aussi bon de toute ta vie. Aller, éteints cette flamme et je te le fais pousser à maturité dans la nuit...


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Alice le Mer 13 Déc - 19:27

Au fur et à mesure que je m'énervais, ma boule de feu gagnait en volume. Elle gagnait également en température, faisant virer sa couleur de jaune-orangé vers le bleu. Et les deux crétins qui essayaient de me retenir ne faisaient que m'énerver encore plus. Je posai ma main de libre sur le visage de chacun d'eux. L'instant d'après, ils tombaient tous les deux au sol en gémissant de douleur à cause de la violente migraine que je venais de leur déclencher.

J'allais de nouveau me précipiter sur l'autre con lorsque Azylis s'en mêla à son tour, je la fusillai du regard. Elle n'aurait pas pu rester dans son coin ? Je sifflai d'agacement lorsqu'elle commença à me sortir son discours classique du bon petit négociateur. Ça se voyait bien qu'elle me connaissait mal : ici, il n'y avait personne à qui je tenais - à par l'autre abruti que je voulais faire cramer - et la seule personne à laquelle je tiens vraiment peut très bien vivre sans moi.

Mais au moins, son petit discours réussit à me calmer un peu et laissait le temps à Thorn, qui s'était échappé de la pièce dès le début de ma crise de nerf, de gagner la sortie du bâtiment. Un petit ricanement m'échappa à sa nouvelle tirade.

- Tu m'as bien vue ? C'est au contraire moi qui dois du fric à plein de monde. Lui répondis-je avec la vision de l'autre petit con de Français dans la tête.

- Ça résoudra au contraire mes problèmes. ALORS MAINTENANT FOUT LE C-...


Ok, là elle commence à employer les mots qu'il faut. Là elle commence à montrer des signes de négociation. Je restai quelques secondes silencieuse sans la quitter des yeux, essayant de déceler toute trace de bluff. Je finis par faire disparaître ma boule de feu puis recalai mon kiseru entre mes dents.

- Ce soir sans faute. Dans la cour des Valar. Ça a intérêt à valoir le coup ton truc. La prévins-je.

Sur ce coup-là, c'était moi qui bluffais : croulant sous les dettes, ma seule façon d'obtenir quelque chose ces derniers temps, c'était d'en voler - ou extorquer - comme tout à l'heure. Donc même si elle m'offrait de la merde, je prenais quand même, mais comme là j'ai l'occasion de négocier la qualité, pas question de se priver.

Je fis tout de même un pas en avant, la forçant à se dégager, pour me pencher au-dessus de l'autre blond. Je fixai ses nouveaux yeux bleus avec un sourire carnassier.

- Quant à toi, ne sois pas trop pressé de quitter ce lit : tu ne mettras pas longtemps à y retourner. Le prévins-je d'une voix basse mais claire.

Je me redressai puis me retournai pour prendre la direction de la porte.

- Et le piaf obsédé du plan à trois ne s'en tirera pas comme ça non plus. Prévins-je la salle, en espérant que l'intéressé pouvait entendre ce qui se passait, avant d'ouvrir la porte et la claquer derrière moi une fois dans le couloir.

Je pris la direction de ma chambre, bien pressée de pouvoir ouvrir une bonne bouteille - s'il m'en reste - et d'aller me coucher, tandis que Thorn, agacé d'être arrivé au rez-de-chaussée pour rien, faisait déjà demi-tour pour venir me rejoindre.
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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Azylis le Mer 13 Déc - 21:12

Est-ce que je ne viendrais pas d'éviter la fin de Valhalla ? Je suis une putain d'héroïne en fait !

- Ce soir, sans problèmes, affirmai-je en lui rendant son regard, les mains sur les hanches. Tu auras ton propre petit... erm... "potager".

Entouré de ronces acérées pour que personne ne s'amuse à y trifouiller. Hey, elle est guérisseuse, que sont quelques griffures si elle veut sa came ? Bon, on sait tous que ça finira cramé, mais au moins j'aurais essayé.

- Évidemment que ça en vaudra le coup, marmonnai-je en la laissant passer.

Après tout, c'est moi qui le fera pousser, elle s'en tapera même le cul par terre cette foutue pyromane.
Je la laissai s'approcher de Kazuma, sachant qu'on était hors de danger à présent, et me contentai de soigner les deux cousins. La vache, ce n'était pas une migraine de lopette qu'elle leur avait infligée !
Je relevai un sourcil à la mention du "plan à trois" et me tournai vers le Piaf.

- Il ne s'arrête donc jamais...

En tout cas j'en connais un qui va prendre cher. Peut être même plus tôt que prévu.
Je regardai Alice sortir... et lâchai un profond soupir de soulagement lorsque la porte se referma.

- Eh bien, on a eu chaud aux fesses.

Holy Shit, on a tellement frôlé la catastrophe ! Est-ce que je peux avoir 10 minutes de calme dans cette foutue journée de merde ?! Lâchez-moi les basques à la fin ! Je me tournai vers Komuro et sa cousine :

- Ça va vous deux ? Outre les neurones grillés?

Ils hochèrent la tête en signe d'affirmation, grimaçant légèrement devant mon choix d'expression, quand soudain la porte se rouvrit, nous faisant tous sursauter. Fenrir passa sa tête dans l'embrasure, vérifiant du regard ce qui se passait.

*Tout vas bien ?*
*Yup ! Nickel !*
*J'ai entendu des cris, Alice ne semblait pas très ravie...*
*Oh tu la connais, elle a le sang chaud*
*... comme la plupart des êtres vivant*


Ahah, quand ton Animae ne pige pas l'ironie.

*Non vraiment, tout va bien. Mais ton inquiétude me fait chaud au coeur*
*... Tu sais que j'ai du mal avec vos phrases étranges ?*
*Je sais, je m'amuse juste toute seule*


Il releva un sourcil, s'il en avait un.

*Et bien amuse-toi toute seule alors*

Il allait ressortir, mais je le retins.

- Fenrir ! Essaye de retrouver la main d'Akira : si personne ne l'a trouvée avant elle doit trainer quelque part dans la Cour des Herens. Ça va faire désordre si un élève tombe dessus, encore pire si des charognards rappliquent.

Au pire on fera nettoyer les chiures de corbeaux au Piaf, ce sont ses potes après tout.

*J'en fais quoi après ?*
*Dépose-la dans la forêt, un carnivore finira bien par tomber dessus*
*Compris*


Une fois mon Animae sortit, je me tournai vers Kazuma, les mains sur les hanches, le regard sévère.

- Alors gros malin, ça t'amuse de jouer avec le feu ? Le dragon ne t'a pas suffit, il faut qu'en plus t'aille titiller l'autre pyromane ?

Je soupirai de nouveau, mon expression s'adoucissant, devenant plus triste.

- Tu réalises que tu étais à deux doigts d'y rester, et que sans Alice Alina serait morte ?


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Akira le Dim 31 Déc - 5:27

Je m'en voulais à mort de m'être faite avoir si facilement ! Normalement avec la supervitesse des types électriques, on peut battre n'importe qui avant même qu'il ne s'en rende compte vu qu'on est pratiquement intouchables. Et pourtant, il l'avait retournée contre moi. Fichue glace !
 
Heureusement, Aki-nii-chan avait fini par reprendre ses esprits et m'attrapa en plein vol avant que je ne m'écrase au sol. Enfin, je suppose que c'était lui : ma vue qui se troublait de plus en plus au fur et à mesure que je perdais mon sang n'était plus très fiable. Mais il me sembla reconnaître sa voix.
 
Il m'emmena auprès d'Azylis-san, l'Heren Istarion du Bois. J'eus un petit sourire amusé lorsqu'il me demanda de ne pas retourner au combat une fois que je serai guérie. Là-dessus, je ne promets rien. Ça va dépendre de comment il s'en sortira.
 
* C'est même pas la peine d'essayer. Si t'essayes d'y retourner, je te tire dans les genoux. *
 
Je tournai un regard furieux vers Komu-chan. Je voulus lui répondre quelque chose mais je ne me sentais plus la force de formuler la moindre phrase, alors engueuler quelqu'un...
 
Lorsque je reportai mon attention sur Aki-nii-chan, je fus surprise de voir qu'il avait deux mains. Sur le coup, je crus que je voyais double mais après vérification, je pus confirmer qu'il avait bien recouvré sa main coupée. Comment c'était possible ça ??
 
- ... main... Réussis-je péniblement à articuler.
 
Mais ce n'était qu'une main "clone". C'est vrai que s'il peut matérialiser en manipuler un corps entier d'un clone d'eau, alors juste une main c'est largement dans ses cordes.
 
Là-dessus, il repartit au combat - ce qui ne me rassura pas (je veux aller l'aider !!) - sous les cris d'Azylis-san qui lui disait de ne pas mourir, mais je me rassurai en me disant qu'il ne sera pas seul : il y a toujours le gars qui est devenu un ange tout à l'heure qui sera avec lui.
 
Tandis qu'Azylis-san commençait à s'occuper de moi, Komu-chan paniquait de plus en plus. C'était la première fois que je le voyais autant affolé. J'étais si mal en point que ça ? Quoi qu'il en soit, le voir paniquer comme ça, au point de pratiquement crier sur Azylis-san commençait à me fatiguer. Heureusement, Azylis-san le fit taire en lui criant dessus à ma place. Je ne pus m'empêcher de rire en l'entendant m'appeler Jean Grey.
 
- Héhé... Hé... Keuh keuh ! 
 
Pas fichue de faire autre chose qu'un petit rire avant de me mettre à tousser du sang, la classe. 
 
- Ya pas... de barrage... Donc... Keuh... ça va... Keuh ! Réussis-je à répondre d'une petite voix.
 
C'est plutôt le frère d'Aki-nii-chan qui devrait être comparé à Dark Phénix vu sa fusion (mais là, c'était trop long à formuler pour que je tente de le dire à voix haute).
 
Par contre, ça va être difficile de ne pas m'endormir. C'était précisément ce que je voulais faire le plus à cet instant (après vouloir rejoindre Aki-nii-chan pour l'aider à se battre). Je hochai tout de même la tête pour lui faire entendre que j'avais compris le message.
 
Pendant qu'Azylis-san et Komu-chan s'occupaient de moi, je demandai à mon Animae d'aller voir comment ça se passait pour que je puisse voir ça à travers ses yeux (et pour lui faire penser à autre chose qu'à mon état. Son stress, que je ressentais un peu trop bien, ne m'aidait pas vraiment là).
 
Au bout de quelques instants, Anikeï se mis à pousser un cri qui attira un DRAGON ! Je rouvris les yeux d'horreur et me redressai aussitôt en "voyant" ce monstre atterrir au cœur de l'arène (même si mon mouvement ne fut pas aussi rapidement que je l'aurais voulu) mais Azylis-san me retint et m'ordonna de rester tranquille. Comme si c'était possible dans ces circonstances. Il y a quand même un putain de dragon en bas ! Il faut que j'aille les aider !
 
- Dans ton état, tu vas plus les gêner qu'autre chose et là, ils seront vraiment dans la merde, et par ta faute. Me prévint Komu-chan.
 
Je ne pus m'empêcher de lui jeter un regard furieux face à son ton sec. Ce que je peux détester sa manie de lire en permanence dans l'esprit des gens comme ça. Ok c'est son pouvoir mais il n'essaye même pas de respecter l'intimité des pensées de chacun. Là-dessus, il est aussi sournois que le frère d'Aki-nii-chan. Mais je savais qu'il avait raison et que s'il ne se montrait pas aussi dur d'emblée, j'aurais quand même tenté d'y aller à la première occasion, malgré mon état. Je fermai violemment mes poings, recouvrant ces derniers de quelques étincelles électriques l'espace d'un instant, frustrée d'être aussi inutile.
 
Lorsque l'ange se fit attraper par le dragon à la jambe avant de se faire éjecter dans les gradins, je n'eus pas besoin d'attendre qu'Azylis-san se mette à crier pour savoir que la situation venait de s'aggraver. La situation empira d'autant plus lorsque le griffon d'Aki-nii-chan se fit malmener par le dragon d'Anikeï pendant que ce dernier maltraitait de son côté Aki-nii-chan. C'était horrible à voir comme scène : aucun des deux ne pouvait faire le moindre geste sans subir une attaque qui les stoppait dans leur élan. L'un comme l'autre se faisaient massacrer par leur adversaire.
 
- L'enflure, il empêche Akira d'abandonner. Pesta Komu-chan d'un air furieux et dégoûté en voyant Anikeï plaquer sa main sur la bouche d'Aki-nii-chan.
 
Avant que je ne dise quoi que ce soit, il commença à dire qu'il allait aller à sa rescousse mais il fut interrompu dans sa phrase par le puissant cri d'une autre créature qui semblait se rapprocher de l'arène. Sur le coup, je commençai vraiment à avoir peur : la situation était déjà catastrophique alors si une autre créature vient aider Anikeï, il ne restera plus rien de cette arène, ni de nous tous !
 
Je vis avec horreur un dragon, bien plus grand que le premier, atterrir à son tour au cœur de l'arène. À ma grande surprise, dès qu'il toucha le sol, il repoussa le premier dragon en lui donnant un violent coup qui le repoussa en arrière. Je réalisai alors qu'Anikeï avait déjà lâché Aki-nii-chan et s'était éloigné, comme s'il en avait peur.
 
Je sentis les battements de mon cœur s'accélérer : il est donc venu pour aider Aki-nii-chan ?? Je ne sais pas comment ni pourquoi mais ce dragon géant semble être venu pour aider Aki-nii-chan et son griffon. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de voir un dragon aussi impressionnant (même si c'était la première fois que j'en voyais un pareil).
 
- Depuis quand il a deux Animaes ? S'étonna Komu-chan.
 
Comment c'était possible ça ? Normalement, c'est le griffon l'Animae d'Aki-nii-chan, et pourtant ce dragon a les mêmes yeux que lui et il semble ressentir une sensation identique à celle qu'il a en présence de son griffon ? Remarque, ça expliquerait pourquoi ce dragon sortit de nulle part était venu l'aider. 
 
- Et tu ne peux pas lire les pensées du dragon ?
 
- Si.
 
- Et ben ?
 
- Et ben j'ai beau capter ses pensées, je ne parle toujours pas le dragon. Répondit Komu-chan d'un air blasé.
 
- Ça va ! On sait jamais.
 
Il peut faire tellement de trucs avec son pouvoir de télépathe que ça ne m'aurait pas choquée qu'il puisse comprendre un dragon. Il est bien capable de nous rendre bilingues dans plusieurs langues d'un coup après tout !
 
Mais au moins, j'étais rassurée maintenant. Avec deux Animae de son côté (dont un dragon aussi grand que ceux de Daenerys), il avait ses chances de tenir jusqu'à la fin du compte à rebours. Je me tournai tout de même en direction d'Azylis-san et Alice-san, toutes les deux en train de soigner l'ange qui était redevenu humain ainsi que sa chouette, et mon regard s'attrista. Dire qu'il s'était mis en danger pour nous sauver, Aki-nii-chan et moi. Et c'est lui qui avait fini dans le pire état. Heureusement Komu-chan me rassura un peu en me rappelant qui le soignait et qu'au pire, il leur proposerait son énergie comme ressource.
 
Je me retournai vers le centre de l'arène pour voir comment les choses évoluaient. Même s'il avait un nouvel allié de son côté, Aki-nii-chan était clairement à bout de forces. Le voir tenter vainement d'attaquer Anikeï et se faire violemment contre-attaquer sans possibilité de se défendre était vraiment frustrant et triste à voir. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, ma main avait attrapé la poignée de mon sabre. Même s'il était encore trop faible, mon corps me criait d'aller en bas pour me battre à nouveau (une occasion d'affronter des adversaires pareils, ça ne se représentera peut-être jamais). Mais je savais que je n'étais pas en état de faire autre chose qu'être un poids pour Aki-nii-chan.
 
Puis soudain, ce dernier parvint à matérialiser de la glace contre Anikeï. Ça y est ! Il avait réussi ! Il avait fusionné avec son Animae lorsqu'ils s'étaient retrouvés sous ce tourbillon d'eau. Ça me rappelait la mise en scène de son frère lorsqu'il avait lui-même fusionné pour devenir ce monstre intouchable qui réduit tout ce qu'il touche en cendre. Et il n'y avait pas que la mise en scène : même le regard du nouvel Aki-nii-chan était le même que celui de son frère lorsqu'il avait fusionné. C'était le regard d'un bête sadique assoiffée de sang.
 
Quoi qu'il en soit, du côté des dragons, le nouvel Animae d'Aki-nii-chan avait largement le dessus sur l'autre pendant que le nouveau fusionné arrivait à faire jeu égal avec Anikeï tout en ayant l'air de s'amuser. Il arrivait même à clairement le mettre en difficulté. C'était à la fois impressionnant et un peu effrayant de voir une expression si… sauvage sur le visage de quelqu'un faisant jeu égal avec Anikeï. Ils ont vraiment des fusions puissantes dans cette famille ! 
 
À un moment donné, il parvint même à dominer Anikeï et, alors qu'il avait l'opportunité de l'achever, il sembla hésiter. Il resta un moment sur place, sans bouger puis, la fusion s'annula et les deux corps réapparurent l'un près de l'autre. J'écarquillai les yeux d'horreur.
 
- Oh non. Murmurai-je.
 
Alors qu'il était sur le point d'en finir, la fusion s'était interrompue. À partir de cet instant, la scène vira au cauchemar : Aki-nii-chan et son griffon n'avaient même plus la force de tenir debout alors qu'Akineï se relevait pour en finir.
 
Heureusement, le dragon géant arriva à la rescousse et empêcha Anikeï d'achever Aki-nii-chan. Ce dernier se mit alors à combattre le dragon géant. Je ne sais si j'étais plus impressionnée ou frustrée de le voir réussir à tenir tête à un dragon de ce gabarit. Plus je le voyais faire, plus je me rendais compte à quel point le fossé qui le séparait de nous était encore plus grand que le dragon qu'il était en train d'affronter. C'est donc ça un Heren Istarion ? Dès le début, aucun de nous n'avait la moindre chance face à lui.
 
Je me remis à stresser en le voyant sceller les pattes du dragon et se précipiter sur Aki-nii-chan pour l'achever. À cette distance, même un électrique ne sera pas assez rapide pour l'arrêter !
 
Mais il stoppa son mouvement en plein élan. Je retins ma respiration, ne sachant pas ce qui se passait et craignant qu'il ne reprenne là où il s'était arrêté si j'esquissais le moindre geste.
 
Mais le cri qu'il poussa me fit frissonner et me rassura en même temps : c'était enfin terminé ! Même s'il n'avait rien manifesté jusqu'à maintenant, Anikeï avait été au bout de ses forces lui aussi. En même temps, vu les performances qu'il avait réalisées, s'il avait encore été en forme, c'est qu'il n'était pas humain. Il aura quand même fallu deux fusions, une Valar et un dragon géant pour le pousser à bout. C'est quand même quelque chose de défier un Heren Istarion !
 
Mais Komu-chan ne semblait pas rassuré pour autant. En voyant Aki-nii-chan toujours étendu au sol, baignant de plus en plus dans son propre sang, je recommençai à m'inquiéter. Et la panique me prit lorsque je vis Azylis-san se précipiter vers le centre de l'arène en appelant Komu-chan à la rescousse.
 
* Reste là ! Si tu t'évanouis ou te blesses inutilement, on ne pourra vraiment plus rien faire ! *
 
Je serrai les dents de frustration en le voyant se précipiter à son tour au centre de l'arène à la vitesse du son. Je tentai quand même d'aller les rejoindre, mais je n'eus pas l'occasion de faire cinq mètres avant que mon corps me rappelle que j'avais perdu pas mal de sang tout à l'heure. En sentant ma tête commencer à tourner, je m'arrêtai aussitôt et me rassis à contrecoeur.
 
- Pitié ! Sauvez-le ! Suppliai-je en sachant que les principaux intéressés ne m'entendraient pas.
 
Je ne sais pas si c'était dû à mon impatience ou parce que ça n'avançait vraiment pas mais la scène me semblait durer une éternité. Ça n'allait pas assez vite et chaque seconde de perdue risquait d'empêcher Aki-nii-chan de se réveiller un jour. Soudain je vis le big dragon se rapprocher d'Azylis-san et de Komu-chan. Tous deux semblèrent le remarquer car ils se figèrent sur place sans oser se retourner.
 
- Bougez pas !! Son acuité visuelle est basée sur le mouvement !! Criai-je depuis ma place.
 
C'était clair que ce dragon était là pour aider Aki-nii-chan, il n'y avait donc pas à avoir peur de sa présence (pour l'instant en tout cas), du coup en leur sortant une petite vanne comme ça, ils devraient vite se remettre au boulot. Enfin, ça c'est que je croyais avant de les voir rester figés sur place.
 
- Oh les idiots ! Ils y ont vraiment cru ! M'exclamai-je en me plaquant la main sur le front en comprenant ce qui se passait.
 
Ils n'ont jamais vu Jurassic Park ou quoi ? J'étais sur le point de leur crier de s'activer mais ils semblèrent se reprendre d'eux-mêmes. Au bout d'un (long) moment, ils finirent par stabiliser Aki-nii-chan. Il n'était pas encore totalement tiré d'affaire mais son cœur était reparti. Dire que de base il avait le cœur fragile depuis qu'il avait pris la dague empoisonnée de son frère à ma place pour me sauver. Je me sentais encore plus coupable de le voir dans cet état. S'il n'avait pas eu à faire ça pour moi et si j'avais su mieux l'aider à combattre Anikeï, il n'en serait sans doute pas là !
 
Nous finîmes par rentrer au bâtiment principal sur le dos du dragon géant. C'est super cool comme sensation en fait ! J'avais l'impression d'être Denerys, la mère des dragons, sur le dos d'un de ces "enfants" ! Comme je ne sais pas s'il a un nom, je vais le baptiser Viserion !
 
* Faut vraiment que tu te calmes avec Game of Thrones toi. *
 
* Occupes-toi d'Azylis-san au lieu de lire mes pensées toi ! *
 
Pour le coup, je ne pouvais pas savoir si Komu-chan appréciait les voyages aériens vu qu'il semblait au bout de sa vie à caus d'Azylis-san qui était en train de l'étouffer.
 
N'empêche que j'ai hâte que mon petit dragon chéri grandisse pour que je puisse monter sur son dos ! C'est trop bien de pouvoir se déplacer dans les airs ! J'étais trop jalouse d'Aki-nii-chan qui passe son temps à voler.
 
Une fois arrivés à destination, Azylis-san remercia Viserion pour son aide et le grand dragon blanc reparti vers d'autres cieux.
 
Une fois à l'infirmerie, on installa Aki-nii-chan et celui qui était devenu un ange tout à l'heure...-
 
* Kazuma qu'il s'appelle. *
 
* Merci. *
 
... et Kazuma-san dans la même chambre. Apparemment ce Kazuma-san était quelqu'un d'important pour les deux filles : en dehors d'Aki-nii-chan, c'était le seul qu'elles avaient personnellement accompagné jusqu'ici. Pourtant on parlait d'Azylis-san, une Heren Istarion alors que lui n'est "que" un simple Valar et même d'Alice-san qui a pourtant la réputation de ne pas aimer grand monde et qu'il ne vaut mieux pas provoquer.
 
Une fois que les deux furent stabilisés, perfusés et tout, je m'avachis sur un des fauteuils que j'avais rapproché du lit d'Aki-nii-chan, non sans avoir esquissé un sourire amusé en voyant ce qu'Azylis-san avait fait avec la nouvelle main de ce dernier. Même si j'allais mieux depuis les soins d'Azylis-san, j'étais toujours faible et fatiguée. Je ne mis pas bien longtemps à m'assoupir. Mais je fus rapidement réveillée par des cris furieux et par la voix de Komu-chan qui m'appelait à l'aide.
 
Lorsque j'ouvris les yeux, je vis Alice-san en furie, une boule de feu à la main, avec Komu-chan qui essayait tant bien que mal de l'empêcher de la lancer sur Kazuma-san (et de la réserve d'oxygène qui se trouvait à proximité) qui semblait s'être réveillé. Sans réfléchir, je rejoignis Komu-chan pour faire barrage auprès d'Alice-san.
 
Mais elle eut juste à poser sa main sur nos visages pour nous déclencher une violente migraine. Avec un gémissement de douleur, nous tombâmes à genoux au sol, en nous tenant la tête de douleur. C'était horrible comme ça faisait mal. Chaque son, chaque lumière que je percevais ne faisait qu'accentuer cette douleur qui me donnait l'impression que ma tête allait s'ouvrir en deux.
 
Heureusement, Azylis-san parvint à calmer le jeu avec Alice-san qui finit par quitter la pièce et à faire cesser cette migraine atroce. Je pris quelques instants avant d'oser bouger la tête, de peur qu'il n'y ait eu des restes de cette migraine de malheur (je ne m'en étais jamais rendue compte mais les Guérisseurs aussi peuvent être bons en attaque. Ça combiné avec la performance d'Anikeï aujourd'hui, je n'étais pas prête à provoquer Azylis-san qui était à la fois Heren Istarion et Guérisseuse).
 
- Merci. La remerciai-je avec un sourire reconnaissant en me redressant.
 
Sur le coup, je fus tentée de la laisser tranquille avec Kazuma-san mais j'étais tout de même inquiète de son état aussi, d'autant plus que c'était en partie grâce à lui qu'on était encore en vie et à cause de moi s'il était dans ce lit.
 
- C'est vrai que c'était pas très malin. Approuvai-je aux dires d'Alice-san après avoir compris pourquoi Alice-san s'était à ce point énervée contre lui.
 
Je posai ma main sur ma hanche et lui adressai un sourire reconnaissant.
 
- Mais merci pour votre aide. C'est grâce à vous si on est encore en vie. Lui dis-je en inclinant respectueusement la tête en signe de gratitude avant de me redresser.
 
- Comment vous vous sentez ? Finis-je par lui demander, tout de même soucieuse de son état (même si, pour avoir tenté ce genre de blague avec Alice-san, c'est qu'il devait aller bien un minimum).
 
Mais avant qu'il ne puisse me répondre, le griffon d'Akira poussa un cri furieux qui me fit sursauter, moi et Komu-chan. J'eus tout juste le temps de me retourner pour voir mon dragon se précipiter de l'autre côté du lit d'Aki-nii-chan, terrifié.
 
- Qu'est-ce qui se passe encore ? M'inquiétai-je.
 
* Je ne sais pas. Je me suis juste approché de lui pour le renifler et il m'a repoussé en me criant dessus. *
 
Je me tournai vers le griffon, ma main posée sur la poignée de mon sabre.
 
- Pourquoi tu as fait ça ? Tu sais bien que c'est mon Animae pourtant. C'est pas un ennemi.
 
Il me répondit avec un nouveau cri de colère qui ne me rassura pas.
 
- Tu as peur qu'il attaque Akira-kun ? Demanda Komu-chan.
 
Le griffon se tourna vers lui et fit "non" de la tête. Eh ! Comment ça se fait qu'il comprenne ce qu'on raconte si on ne peut pas comprendre le langage des dragons et cie ?
 
* Parce qu'Akira est à côté. Même évanoui, son cerveau continu de fonctionner et il capte de manière inconsciente ce qui se passe et se dit dans cette pièce, comme les gens dans le coma. Et comme c'est son Animae, le griffon comprend ce que comprend Akira-kun. *
 
* C'est de la triche. *
 
- Il t'a fait quelque chose alors ? Lui demandai-je.
 
Un nouveau "non" de la tête.
 
- Parce que c'est un dragon ? Demanda Komu-chan.
 
Cette fois, il poussa un nouveau cri en hochant la tête. Je fronçai les sourcils, le regard interrogateur.
 
- Qu'est-ce que tu as contre les dragons ?
 
- Il vient de se faire battre par un dragon alors-
 
Mais le griffon ne le laissa pas terminer et lui envoya une sphère d'eau formée au niveau de son bec, apparemment encore plus furieux que tout à l'heure. Komu-chan l'évita grâce à sa super vitesse et leva doucement les mains en signe de soumission.
 
- Pardon pardon ! Je voulais dire : il a eu… une… mauvaise expérience ? Hésita-t-il en regardant le griffon d'un œil prudent.
 
Voyant que ce dernier semblait toujours contrarié mais moins vexé par cette formulation, Komu-chan poursuivit.
 
- Il a eu une mauvaise expérience avec un dragon tout à l'heure et un autre lui a… volé la vedette ? Ça passe ? Ouf. Oui, donc il n'a peut-être pas envie d'en revoir un autre tout de suite du coup.
 
Le griffon poussa un nouveau cri, moins violent, un peu comme une approbation, avant de se recoucher près du chevet d'Aki-nii-chan.
 
Mon dragon poussa un petit gémissement plaintif et souleva la main d'Aki-nii-chan avec sa tête pour qu'elle reste posée dessus. J'eus un petit sourire amusé en le voyant faire. Je le rejoignis et posai une main rassurante sur son dos.
 
- T'en fais pas. Je suis sûre qu'Aki-nii-chan t'aime, lui. Et je suis sûre que quand il se sera calmé, tu pourras devenir copain avec le grand griffon. Lui dis-je d'une voix rassurante.
 
C'est vrai qu'il est encore tout jeune et il n'a pas encore eu l'occasion de rencontrer beaucoup d'autres Animae, ni d'animaux "normaux". Et comme il aime bien Aki-nii-chan lui aussi, il voulait jouer un peu avec son Animae. Mais bon je comprends que ce dernier ait une dent contre les dragons là, surtout avec la fierté qu'il semble avoir.


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Kazuma le Lun 1 Jan - 22:04

- Tu es sûr de toi ? 

- Yep.

- Tu ne pourras peut-être plus jamais redevenir toi-même, tu es au courant ?

- Je sais, je sais. Mais c'est de Moi qu'on parle. Tu m'as déjà vu foirer un truc ? Ça marchera je te dis. Je réussis toujours ce que je veux. Et si j'y arrive pas, c'est que personne ne le pourra jamais.
 
- C'est quand même le grand écart ça.
 
- Faut justement que ça n'ait rien à voir avec moi pour que ça marche.
 
- Ok... Bon ben dans ce cas... Je te dis "au revoir" Kazu ?
 
- C'est ça : au revoir. Répondis-je tandis que sa main se posait sur mes yeux et mon front.
 
__________________
 
- Vous faites ce que vous voulez...
 
- ... jambe de Kazuma...
 
- ... ton pouvoir...
 
C'est en entendant sa voix changer plusieurs fois que je commençai à comprendre que j'étais dans un rêve. Des bruits de pas commençaient à se mêler à ce que je voyais alors que personne ne marchait. Je tentai de plonger un peu plus dans mon rêve pour qu'il ne s'arrête pas. Mais toutes les images avaient déjà disparu. D'ailleurs j'avais rêvé de quoi déjà ? J'ai bien rêvé de quelque chose pour commencer ? Putain que j'aime pas quand ça me fait ça !
 
Je rouvris les yeux pour aussitôt les refermer rapidement à cause de l'éclairage de la pièce. Puis, petit à petit, je les rouvris de nouveau pour qu'ils puissent s'habituer à la luminosité. Je jetai un coup d’œil autour de moi. 
 
J'étais dans une pièce d'hosto, ou d'infirmerie et il y avait un beau petit monde de présent - ah le succès ! - plus ou moins en forme. Une silhouette arriva près de moi, je levai les yeux vers la fille aux cheveux rouges qui s'était figée sans me quitter des yeux.
 
- Qui êtes-vous ?
 
Elle me jeta un regard horrifié comme si j'avais insulté sa mère, sa famille, le chat et le voisin. Elle lâcha le vase qu'elle tenait à la main, le laissant exploser au sol. En la voyant commencer à paniquer, je compris que c'était encore un peu tôt pour les blagues. 
 
C'était même clairement la blague de trop. Alors que je tentais de calmer Alice-chan, cette dernière péta un câble et passa en mode furie. Heureusement, le gars qui traîne toujours avec la descendante de Date Masamune et cette dernière se précipitèrent pour tenter de l'empêcher de me faire flamber et de faire péter tout le bâtiment. C'est en la voyant mettre ses deux opposants au sol juste en ayant posé sa main sur leur tronche que je commençai vraiment à m'inquiéter pour mon cas. J'étais clairement pas en état de me servir de mes pouvoirs là tout de suite et Alice-chan avait vraiment l'air de vouloir tout faire sauter.
 
Heureusement, Azy'-chan arrive en renfort et calma le jeu. Sérieux ? Elle va vraiment avoir droit à sa récolte perso ? Faudra que j'aille négocier avec le ou la nouveau/nouvelle Heren de métal à propos de mon projet d'une statue d'or à mon effigie dans le hall d'entrée si c'est ce qu'il faut faire pour avoir ce qu'on veut.
 
Par contre, je préférai fermer ma gueule pour une fois quand Alice-chan me prévint qu'elle n'en avait pas fini avec moi avant de partir de la salle. Je sais pas pourquoi, mais je sens que ce sont pas des paroles en l'air.
 
- Alors gros malin, ça t'amuse de jouer avec le feu ? Le dragon ne t'a pas suffit, il faut qu'en plus t'ailles titiller l'autre pyromane ? Répliqua Azy'-chan en se tournant vers moi.
 
- Tu réalises que tu étais à deux doigts d'y rester, et que sans Alice Alina serait morte ?
 
Je baissai les yeux sur Alina, posée près de moi sur le lit. Elle n'avait pas encore repris connaissance mais je pouvais "sentir" qu'elle était hors de danger, ce qui me rassura. Même si à l'état de fusion, mes décisions sont aussi ses décisions, je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable qu'elle ait fini dans cet état. Il faudra que je remercie Alice-chan quand elle m'aura passé à tabac.
 
- C'est vrai que c'était pas très malin. Confirma la descendante de Date Masamune.
 
Je relevai les yeux vers les deux filles debout devant moi et leur adressai un sourire d'excuse.
 
- Je pensais pas qu'elle se serait fait autant de soucis. Avouai-je en réalisant que ma voix était encore faible, signe que j'étais clairement pas encore 100% opérationnel.
 
Alors qu'on commençait enfin à s'attarder sur mon état, les Animae se mirent à faire leur bordel et attirèrent toute l'attention sur eux. Ça me donna au passage l'occasion de voir que le piaf était allongé dans le lit d'à côté et toujours dans les vapes.
 
- Eh oh ! C'était mon moment là, merde ! Finis-je par sortir quand je fus sûr que tout était safe avec les Animae.
 
Il a peut-être un gros ego le griffon, il attendra que ce soit son tour avant de piquer sa crise.
 
- Et t'as pas besoin de me vouvoyer. Précisai-je à la fille aux yeux électriques.
 
Je sentais la fatigue qui commençait à reprendre le dessus sur mes forces. Je sens que je vais pas mettre longtemps avant de piquer du nez. Je pense que ça se voyait sur ma tronche, du coup je ne pris pas la peine de répondre à sa question, je pense qu'elle l'avait déjà.
 
- Comment ça va au niveau des dégâts ? L'arène a survécu ? Ya pas eu de blessés trop graves ?
 
J'étais le premier étonné de me soucier de ce genre de soucis vu que ça ne me concernait pas directement mais ça me travaillait quand même. Ça doit être parce que ce sont mes fidèles et que si l'arène a pas trop morflé, je pourrai plus vite aller négocier mon projet de statut. Ouais ça doit être ça.

- Et vous, comment vous allez ? T'as pu te remettre de tes blessures toi ? Demandai-je à la descendante de Date.

- Et toi ? T'as pu t'en sortir avec tous ces blessés à soigner ? Et au final comment ça s'est fini ? Il a pu s'en tirer le piaf ? Je vois qu'il est plus ou moins en vie, du coup je suppose qu'il a tenu jusqu'à la fin du compte à rebours ? Demandai-je à Azy'-chan.

Pour le coup, j'avoue que plus ça avait avancé, moins je croyais qu'on en verrait un jour le bout de cette épreuve à la con.
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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Azylis le Mer 27 Juin - 4:39

- Je pensais pas qu'elle se serait fait autant de soucis.

Je m'apprêtais à lui répondre que c'était probablement la pensée la plus stupide qu'il pouvait avoir sur le moment, mais les animaes commencèrent à faire du grabuge en arrière-plan. Je lâchai un soupir fatigué en levant les yeux au ciel (bon sang, est-ce que j'aurai un temps mort aujourd'hui ?), quand quelque chose siffla derrière ma tête, faisant voleter quelques cheveux au passage, pour finir sa course explosé contre le mur dans un bruit d'éclaboussures. Je tournai lentement ma tête et ne pu que constater la présence d'une grosse tache d'humidité qui commençait à dégouliner.

- Sérieusement Tiago ? Grinçai-je en faisant face au griffon qui s'était recouché
.
Il se contenta de me lancer un regard de défi, sans prendre la peine de relever la tête. Je crois que quelqu'un est de très mauvaise humeur… tant mieux, comme ça on sera deux.

- Tu sais que si je le veux, tu peux te retrouver dehors ?

D'un mouvement délibérément lent, l'animae se redressa en position assise, me dominant presque d'une tête, et baissa les yeux en un regard clairement suffisant.

- Tu ne me crois pas, hein ?

Pour toute réponse il bomba le poitrail, ajoutant quelques centimètres à sa taille déjà imposante. Je pouvais clairement lire « essaye pour voir... » dans ses yeux.

- Tu as tort.

Nous restâmes une bonne poignée de secondes à nous défier du regard, suffisamment longtemps pour que mon cou commence à fatiguer. Ce fut le ricanement, plus ou moins dissimulé en une quinte de toux, de Komuro qui brisa notre petit duel. Tiago lâcha un petit soupir avant de se désintéresser de la situation et reprendre sa position couchée, tandis que je me tournais vers le Valar en relevant un sourcil.

- Un problème ?
- Un simple chat dans la gorge, désolé de t'avoir interrompue.

Son insolence était palpable et ses regrets totalement absents, pourtant je ne lui en voulais pas : de l'extérieur la situation devait sembler totalement ridicule. Je soupirai à mon tour et me redirigeai vers le lit de Kazuma, qui semblait avoir fini sa discussion avec la jeune femme aux cheveux blancs.

- L'arène ? Quelle arène ? Aaaah, tu parles peut-être de nos secondes ruines ? Ironisai-je. Il va y avoir du boulot, et crois-moi que je piaf va participer à sa reconstruction, j'y mettrai un point d'honneur.

Notamment parce que sa notoriété risquait de ne pas être très glorieuse durant les prochains mois, voire années, et qu'il fallait la redorer au plus vite. S'il ne restait pas dans les annales comment étant « Celui-qui-a-bêtement-défié-le-plus-dangereux-taré-de-la-Vallée-manquant-d'entrainer-plusieurs-innocents-dans-son-suicide » on aura de la chance. Je me pinçai l'arête du nez en imaginant déjà le contenu de la prochaine réunion du Conseil : il allait falloir la jouer serrer pour empêcher l'annulation de son passage Valar, voir son exclusion pure et simple. Bon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un Istari pareil durant ma génération ?

*On avisera le moment venu, ne t'en fais pas pour ça*

Je jetai un rapide coup d’œil par-dessus mon épaule en direction de Komuro et lui adressai un faible sourire fatigué.

*Maintenant sors de ma tête. Tout de suite. *
*Ouiiii...*


- Quant aux blessés… je préfère ne pas me prononcer pour l'instant, désolée, répondis-je avec un petit sourire d'excuse. Je n'ai pas beaucoup d'infos pour le moment, mais je peux te dire que c'est le bordel derrière cette porte.

Je jetai un coup d'œil au corps inanimé d'Akira lorsque Kazuma me questionna à son sujet, et haussai mes épaules.

- S'il passe la nuit, alors il vivra. Pour l'instant il ne fait pas de nouvelles rechutes, c'est le principal. Et il a réussi, ne me demande pas comment, à tenir jusqu'à la fin du compte à rebours.

Je lâchai un petit ricanement méprisant.

- Tu aurais vu la tronche de l'autre taré, c'était magnifique. Par contre, à mon avis il ne faudra pas qu'il le recroise de sitôt, car ça risque de ne pas être la même chanson : il n'y aura pas de compte à rebours pour le sauver cette fois.

Devant son manque de réaction, je m'approchai légèrement de lui, le faisant sursauter : il semblait sur le point de s'assoupir. Un doux sourire étira mes lèvres, et je remontai un peu la couverture sur son torse.

- Tu ferais bien de te reposer encore un peu, on en reparlera demain si tu veux.

Il marmonna une phrase inintelligible en guise de réponse, ses yeux semblant perdre leur combat face au sommeil. Je passai lentement ma main dans ses cheveux d'une manière apaisante à plusieurs reprises, et sa tête finit par basculer sur le côté, inerte. Après une dernière caresse je me tournai vers les deux cousins, les joues légèrement rosées en me rappelant brutalement de leur présence.

- V-Vous êtes libres de faire ce que bon vous semble, tant que vous ne touchez à rien. En cas de problème, il y a un bouton au-dessus de chaque lit, au moindre doute n'hésitez pas à appuyer dessus, quelqu'un viendra forcément. Ah ! Attendez, je reviens.

Je disparu de la chambre une poignée de minutes avant de revenir avec un objet semblable à une fine montre, que je donnai à Komuro (lui au moins ne sera pas tenté de toucher à tous les boutons).

- C'est un beeper relié au mien, expliquai-je en leur montrant mon poignet où était accroché une « montre » semblable. Normalement seuls les hauts placés du corps médical en ont un et c'est seulement pour les cas d'urgence ou les moments de crise, un peu comme actuellement. En cas de problème appuyez sur le bouton en haut à gauche, ça fera vibrer et biper le mien et je viendrai au plus vite. Pour juste m'envoyer un message, c'est un peu comme une smartwatch : appuyez sur le bouton en bas à gauche et dictez votre message ; enfin, pour m'appeler directement tapez l'écran et parlez, on sera automatiquement en communication dès que j'aurais accepté l'appel. J'aimerais autant que possible que vous ne l'utilisiez qu'en cas d’urgence : je vais probablement passer le reste de ma journée et de ma nuit à courir dans tous les sens ou à réparer les conneries du Piaf, donc si je reçois un appel pour qu'on me demande « où est le mercurochrome ?» ça va vite m'agacer.

Katsue ouvrit la bouche, mais sembla changer d'avis en court de route et se contenta de hocher la tête en même temps que son cousin. Je dissimulai un sourire de satisfaction devant tant de docilité, ça faisait longtemps
.
- Il en va de même si le Piaf se réveille, même si j'en doute : ça risque de prendre plusieurs jours.

Je me dirigeai vers la porte d'un pas lent, inspirant un bon coup avant de poser ma main sur la poignée. C'est parti pour plusieurs heures infernales, merci le Piaf.


¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤


Comme prévu, une fois le pas de la porte passé, je n'eus pas une seule minute à moi : soigner, rassurer, soigner, rassurer, me fâcher lorsque le respect était balancé par la fenêtre, soigner, rassurer, courir à droite à gauche et ainsi de suite… ce ne fut qu'en fin de soirée que je pus revenir dans la chambre des garçons, un plateau en appui sur ma hanche et un baluchon entre les dents. Néanmoins, gros point positif à souligner : 0 mort à déclarer ! Magnifique, franchement, vu comment ça avait commencé je ne pouvais pas espérer mieux, pourvu que ça dure. Je déposai avec précaution mon plateau et mon baluchon sur un meuble et désignai deux gros sandwichs aux cousins, leur faisant comprendre de se servir, essayant par la même occasion de ne pas me vexer devant le regard plus que surpris de Komuro.

- J'allais pas vous laisser crever de faim, grommelai-je.

Au moins Katsue ne faisait pas de manières et était déjà en train de déballer le sien.
Je me dirigeai ensuite vers Kazuma, tirai le rideau le séparant du Piaf et allumai une petite lumière avant de le secouer doucement pour le faire émerger.

- Tu as besoin d'avaler quelque-chose, chuchotai-je lorsqu'il ouvrit les yeux. Et ne discute pas, ça te redonnera un peu de forces.

Je déposai sur un plateau roulant un bol de bouillon de poulet avec une cuillère et les positionnai devant lui, ignorant son regard absolument pas convaincu. Il saisit maladroitement la cuillère, râlant dans sa barbe lorsqu'elle manqua de lui glisser ente les doigts, la plongea dans la soupe et inspecta minutieusement le liquide qu'il fit couler dans le bol.

- … C'est toi qui l'a faite ? Me demanda-t-il, après l'avoir reniflée avec suspicion.
J'eus un moment de surprise, avant de lever les yeux avec agacement et croiser les bras sur ma poitrine.

- Non mais t'es sérieux… c'est Francesco, crétin !
- Bon, si c'est le cuisto alors ça passe, déclara-t-il avant commencer à manger, satisfait.

Je lui tournai le dos avec un soupir irrité (ignorant son petit rire moqueur) et posai mon regard sur les cousins… qui inspectaient eux aussi leurs sandwichs avec méfiance, Komuro ne l'ayant même pas encore déballé et Katsue ne semblant même pas savoir ce qu'elle cherchait alors qu'elle en avait déjà avalé la moitié.

- Non mais vous êtes sérieux… Je n'ai rien mis dedans, ce ne sont que des sandwichs !
- Ah mais on n'a rien dit, contra Komuro le plus innocemment du monde… sans pour autant le déballer.

D'un geste agacé, je pris le dernier qui restait, le déballai, mordis une grosse bouchée et fis tout un spectacle en le mâchant, avant de l'avaler en les regardant droit dans les yeux.

- Tada ! Ironisai-je. Toujours en vie, wouah…

Cela sembla les convaincre et je levai pour la énième fois les yeux au ciel avant de continuer mon repas.

- … Pourquoi tu as mis des tranches de pomme avec le fromage et le jambon ?
- Repas-fromage-dessert : sandwich tout en un, on gagne du temps. Et puis le sucré/salé ça rehausse le goût.
- …
- Moi je trouve que ça passe !
- Merci Katsue.

Les hommes, qu'est-ce que ça peut chipoter alors, c'est pas croyable.
Tout en continuant mon « dîner », je me dirigeai vers Tiago avec le baluchon et le posai devant lui, le tirant par la même occasion de son sommeil.

- Ça reste entre nous, lui dis-je avec un air conspirateur en déballant le paquet pour révéler la carcasse dépecée d'un animal dont je préférais ignorer la nature, et un poisson. [color=#009900]Essaye juste de ne pas en mettre à côté de la serviette, c'est tout ce que je te demande.
Je lançai le poisson au petit dragon blanc trop mignon qui l'attrapa au vol, et me redressai sous le regard perçant du griffon, auquel j'adressai un petit sourire crispé… qui s'effaça lorsqu'il se mit, lui aussi, à renifler son repas avec méfiance sans me quitter des yeux.

[b]- Sérieusement ?!


J'ignorai Komuro qui sembla s'étrangler avec son sandwich (bien fait pour sa tronche !) et me penchai pour ramasser la carcasse.

- Puisque t'en veux pas, je vais la donner à Fen-…

Il abattit sa patte avant dessus avant même que je puisse l'effleurer, m'attrapant doucement la main avec son bec, son regard sensiblement plus doux. Il émit un sourd grondement dénué de toute agressivité, et je soupirai, mon petit sourire de retour.

- Vous les animaes avez vraiment un humour très personnel.

Il émit un petit « humph » de satisfaction et commença à dévorer son repas sans plus s'occuper de nous. En même temps, après un combat pareil il devait crever de faim.

Les restes de la collation étaient à peine débarrassés que trois coups légers furent donnés contre la porte, qui s'entrouvrit avant même que quiconque n'ait le temps de répondre.

- Tu sais Azy, ça ne sert à rien de toquer si tu ouvres avant d'avoir une réponse...
- Shhh, tu vas réveiller Kazuma.

Un léger sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'intéressé.

- C'est un peu tard pour ça.

La porte s'ouvrit alors en grand, révélant mes trois doubles aux expression au moins aussi fatiguées que la mienne.

- Kazu !
- Mais tu vas la fermer !

Azy ignora complètement l'ordre d'Alis et se retrouva en deux enjambées aux côtés du Valar pour lui sauter au cou la seconde suivante, des larmes brûlantes ruisselant le long de ses joues.

- Tu nous as fait peur !

Il eut un moment de surprise, avant de lui rendre son étreinte avec un sourire.

- Okay okay Huggy-chan, moi aussi je suis content de te voir, mais aussi parfait que je puisse être vas-y quand même mollo.

Pour toute réponse elle émit un petit rire étranglé, mais ne sembla pas vouloir lâcher prise.

- Quel succès, plaisanta Ylis en vérifiant l'état de la perfusion, s'assurant que le tuyau était hors de danger.

Kazuma haussa les épaules en signe d'impuissance.

- Que veux-tu, un être aussi génial que moi ne peux que déclencher ce genre de réaction, répondit-il en posant sa main sur la tête d'Azy pour la réconforter.
- Et sinon, ça va les chevilles ?
- Content de te voir aussi, ma petite Grumpy-chan.
- Ne m'appelle pas comme ça ! S'exclama Alis, les joues écarlates et le regard furieux.
- Mais oui, mais oui. D'accord ma petite Grumpy-chan.
- UUGH !
- Sois gentil, elle s'est vraiment inquiétée pour toi.

A ces mots, Alis croisa les bras et alla s'appuyer contre un mur, refusant de croiser le regard de qui que ce soit. Un sourire fatigué étira les lèvres de Kazuma, qui sembla décider de ne pas approfondir le sujet (et je lui en étais plus que reconnaissante : je n'avais aucune envie d'avoir à gérer une Alis de mauvais poil cette nuit).

- Des changements depuis cet après-midi ?
- A part que c'était une pagaille innommable ? Non, pas vraiment. Normalement aucune mort ne sera à déplorer, du moins tant qu'Akira passe la nuit.

En entendant ces mots, Kazuma se tourna vers le rideau qui dissimulait son compagnon de chambre.

- Comment il va ?

Ce fut à mon tour de répondre, aucune de mes doubles ne l'ayant revu depuis l'arène :

- Il est stable, il n'a pour l'instant pas fait de rechute. De toute façon, si son cœur devait encore s'arrêter, on le saurait grâce aux machines.

- Il a fait un arrêt ?

Ah oui, c'est vrai qu'il était inconscient quand c'est arrivé.

- Oui, et il a bien faillit y rester. D'ailleurs Komuro, il va falloir qu'on discute de ce… « détail », ne l'oublie pas, rappelai-je au Valar Tonnerre sans même me tourner vers lui.

Il me répondit avec une voix tendue :

- Pas de soucis, je ne l'oublie pas.

Kazuma releva un sourcil interrogateur, mais ne pressa pas le sujet lorsque je lui fis comprendre que je lui en parlerai en temps voulu (après tout, il avait risqué sa vie pour le Piaf, je considérai qu'il était en droit de savoir).

Nous ne restâmes pas longtemps à discuter, Kazu ayant encore besoin de beaucoup de repos. Ainsi, lorsque son regard commença à se perdre dans le vide et sa tête à ballotter, Ylis décida qu'il était plus que temps qu'elles s'en aillent, ayant elles aussi besoin de repos. Alis sortit de la pièce sans rechigner – non sans avoir jeter un dernier regard au blondinet – mais Azy fut bien plus difficile à convaincre. Je soupirai de soulagement lorsque la porte se fut enfin refermée, éteignit la lumière, et me tournai vers les cousins. Je ne pus m'empêcher de sourire en voyant que Katsue s'était endormie sur son fauteuil, la tête posée sur l'épaule de Komuro et son Animae lové sur ses genoux (je me disais bien que c'était silencieux derrière). Sans un mot, je sortis à mon tour de la pièce pour revenir deux minutes plus tard, deux couvertures dans les bras que je tendis à Komuro.

- Si tu pouvais éviter d'avoir une tronche d'ahuri à chaque fois que je me montre gentille, je t'en serais très reconnaissante, grognai-je.
- En même temps, on y est pas habitué.
- Pardon ?
- En même temps, je ne devrais pas être si étonné.
- Fais gaffe, elles piquent.
- Je me disais aussi.
- Pardon ?
- Je t'en remercie.
- … Tu es doué.
- Je trouve aussi.

Je laissai échapper un petit ricanement en le regardant s'installer plus confortablement avec sa cousine, puis me dirigeai du côté d'Akira pour vérifier si tout allait bien. Il n'avait pas bougé d'un millimètre depuis la dernière fois que je l'avais vu, plusieurs heures auparavant. C'était à peine s'il semblait en vie, le teint pâle accentué par la lumière de la lune. Seul le « bip bip » régulier de la machine à laquelle il était relié pouvait nous rassurer sur son réel état. Tout en vérifiant sa perfusion et ses branchements je sentis le poids du regard de Tiago sur ma nuque qui ne manquait aucun de mes gestes, je lui lançai donc un regard rassurant une fois que j'eus fini, avant de m'agenouiller à côté de son humain. Lorsque je pris sa main, je réalisai à quel point sa peau était glacée sous mes doigts. Évidemment, vu son état ce n'était pas étonnant, mais ça ne me plaisait pas pour autant. Dissimulée derrière le rideau, je lui caressai doucement les cheveux, priant pour qu'il se rétablisse vite, la joue posée sur mon bras replié. J'ignore combien de temps je restai ainsi...

… toujours est-il que je ne me réveillai pas lorsqu'on me posa une couverture piquante sur les épaules.


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La première bonne nouvelle du lendemain fut qu'Akira passa la nuit haut la main, nous confirmant ainsi qu'il vivrait jusqu'à sa prochaine connerie. La seconde fut le réveil d'Alina, au grand soulagement de son humain. Elle accepta même de se nourrir, même si « dévorer » aurait été plus juste : il ne resta pas grand-chose de la petite proie qu'on lui avait proposé. Après un check-up complet, il s'avéra qu'Alice avait fait du bon travail puisque la petite chouette ne souffrirait d'aucune lésion et qu'elle pourrait voler de nouveau sans soucis lorsqu'elle aurait récupéré suffisamment de forces. La troisième bonne nouvelle, fut la sortie de Kazuma de l'infirmerie. J'avais bien tenté de le convaincre de rester encore une journée pour être certaine qu'il se repose suffisamment, mais il avait refusé, arguant qu'il allait rouiller s'il restait trop longtemps sans bouger dans un lit. Lorsque je repassai par sa chambre quelques minutes plus tard je crus néanmoins l'entendre se plaindre à Alina ; quelque chose au sujet de priver le monde de sa présence, de partager sa chambre avec un autre homme et qu'il ferait mieux de ne pas rester trop longtemps au même endroit s'il ne voulait pas qu'Alice le retrouve trop facilement... juste avant de se mettre à jurer à propos de la douceur inégalable de sa « nouvelle » jambe. Pour des raisons tout à fait professionnelles je décidai de ne pas m'éterniser et continuai mon chemin, accélérant tout de même le pas lorsqu'il hurla mon prénom.

Malheureusement la journée n'était pas destinée à rester toute rose, et le moment que j’appréhendais le plus arriva en fin de soirée : une réunion du Conseil ayant pour but de déterminer le futur d'Akira. Et dire que ce c'était le bordel serait un euphémisme… Dès le début on avait pu sentir la tension qui régnait dans l'air, rendant la plupart des Animaes inutilement nerveux, et la simple mention du nom « d'Akira » fut l'étincelle qui déclencha la 3e Guerre Mondiale. Les avis étaient très partagés : autant certains louaient son courage et sa détermination, soulignant que face à un Heren Istarion aussi dangereux qu'Anikeï il s'était quand même débrouillé comme un chef, autant d'autres l'accusaient d'avoir mis en péril inutilement la vie d'innocents, d'être complètement inconscient, et qu'il ferait bien de s'estimer chanceux que des Valars aient décidé de l'assister, car le nombre de victimes n'aurait pas été le même et il aurait définitivement été un cadavre à l'heure qu'il est. A un moment je vis que Katsue était à deux doigts de mettre son poing dans la face d'un Valar un peu trop virulent, et je ne remercierais jamais assez son cousin de l'en avoir découragée. Les deux camps se renvoyaient constamment la balle sans vraiment s'écouter, et je devais bien avouer que la plupart de leurs arguments se valaient : je trouvais moi-même qu'Akira avait fait preuve d'un manque total de discernement en provoquant Anikei, néanmoins il lui avait tenu tête jusqu'au bout, déterminé à lui prouver qu'il n'était plus le faible Ancale de ses débuts, et ce sans jamais faiblir. J'étais complètement perdue quant à la décision à prendre, au point que j'en regrettais l'absence de Farfaya et Reia, ce qui en disait quand même beaucoup. Lorsque la question de son passage Valar fut mentionnée, je cru que la salle allait littéralement exploser tant les esprits s'échauffèrent. Nous en arrivâmes à un point où je dû faire intervenir Fenrir pour qu'il bondisse sur la table en marbre en grognant pour que ça ne dérape davantage, et que personne n'en viennent aux mains. Hélas, je ne pouvais pas vraiment leur en vouloir : certains avaient des amis ou des proches parmi les victimes, et je comprenais totalement leur hostilité. Cette fois encore deux camps s'opposaient : ceux qui voulaient récompenser Akira pour sa bravoure et sa force en lui permettant de devenir Valar, ou au moins lui laisser une chance de s'expliquer et de retenter l'épreuve, et ceux qui juraient que son égoïsme et son irresponsabilité mettraient en péril toute la communauté dans le futur, et qu'on ferait mieux de le bloquer au rang d'Istari, voir même de l'évincer purement et simplement de Valhalla. Cette dernière idée fit chuter mon cœur dans mon estomac et je me mis à espérer ardemment qu'on ne soit pas forcés d'en arriver là. Ce fut la voix de Kazuma qui me sortit de mes sombres réflexions, me faisant lever les yeux vers celui qui avait été le plus proche de perdre la vie lors de ce désastre. S'il y avait bien une chose qui n'avais pas disparu depuis son changement de comportement, c'étaient ses talents de locuteur : le calme de sa voix permit d'apaiser un minimum les esprits échaudés, son charisme captait l'attention de tous les Valars… et le rôle qu'il avait joué faisait le reste.

- D'ailleurs, je voudrais faire remarquer à ceux qui se plaignent d'avoir été « mis en danger » qu'ils l'ont aussi cherché : si Anikeï avait vraiment voulu faire un massacre général, il l'aurait fait ici, dans cette pièce-même où tout a commencé, avec la possibilité que le désastre s'étale dans tout l'établissement. Mais au lieu de ça, il a directement traîné le piaf jusqu'à l'arène pour lui régler son compte, et je ne pense vraiment pas que les espaces confinés soient un souci pour lui. S'il y a eu d'autres blessés, c'est parce qu'ils sont allés d'eux-mêmes les rejoindre en sachant parfaitement que ça pouvait dégénérer. Après tout, Anikeï avait dit devant tout le monde ce qui allait arriver au piaf s'il maintenait son choix.

A peine avait-il terminé son discours que Katsue prit la suite de l'argumentaire, défiant du regard quiconque oserait lui couper la parole, soulignant là encore la vaillance dont avait fait preuve l'aspirant Valar et le fait que rien de tout ça n'avait été son objectif. Ce fut Komuro qui conclut le monologue, expliquant que malgré son côté intrépide et pas forcément toujours très réfléchi, Akira était un jeune homme d'une grande gentillesse et très serviable, toujours prêt à aider son prochain, et qu'il serait sans aucun doute un atout à l’École une fois Valar. Il révéla également que, même si ça n'avait pas eu lieu tout de suite, Akira avait tenté de mettre fin à cette tragédie en déclarant forfait, mais qu'Anikeï ne lui en avait pas laissé l'occasion en lui scellant les lèvres avec sa glace. Il n'hésita pas à utiliser ses dons de télépathe pour implanter dans la tête de ses interlocuteurs les plus sceptiques le souvenir des pensées effrayées et désespérées d'Akira, celles qu'il avait capté à ce moment précis, pour leur prouver la véracité de ses dires : ils les découvrirent comme s'ils avaient eux-mêmes vécu ce qu'ils voyaient et entendaient dans leur esprit.
Lorsqu'il se fut rassit, un silence pesant régnait dans la salle, chacun étant perdu dans ses propres pensées. Voyant que les secondes se rallongeaient en minutes, je décidai de suspendre la séance pour que chacun puisse y réfléchir de son côté : la décision finale serait prise grâce à un vote, et c'était bien trop important pour ce soit fait dans la précipitation et à chaud. On ne pouvait rien faire de plus pour aujourd'hui.

Tandis que la salle se vidait peu à peu, je restais en arrière, le menton posé sur mes doigts entrecroisé, en pleine réflexion. Le plus frustrant dans cette affaire, c'était que si la majorité décidait d'évincer Akira, je ne pourrai strictement rien faire, et cette impuissance me glaçait : j'avais beau être une des plus puissantes habitantes de cette Vallée, je n'avais pas suffisamment de pouvoir pour aider un ami dans le besoin. Ça me rendait malade.
Ce fut une légère pichenette derrière la tête qui me sortit de ma spirale de pensées négatives, me faisant me retourner vivement pour incendier l'insolent du regard… avant de croiser le regard bleuté de mon Valar préféré (heureusement qu'il n'était pas télépathe).

- Ne te mine pas comme ça, tout ira bien.
- Comment peux-tu en être sûr ?
- C'est Moi qui te le dis, et j'ai toujours raison. Plaisanta-t-il (ou alors peut-être était-il sérieux ? Impossible de savoir pour le coup). Et puis tu as entendu ce superbe discours ? Je me serais convaincu Moi-même. Et qui pourrait rester insensible à Mon charme naturel et à Mon charisme ? Personne ? C'est bien ce qui me semblait.

Je laissais échapper un petit rire en écoutant ses bêtises, et levai les yeux au ciel : il avait vraiment le don de me remonter le moral quand j'en avais vraiment besoin. Il se redressa, satisfait, et me fit un clin d'œil.

- Voilà qui est mieux, c'est comme ça que je préfère ma petite Azy'-chan.

Je lui donnais un petit coup de poing dans le bras en fronçant les sourcils, luttant contre le sourire qui menaçait de se dessiner sur mes lèvres.

- Ne m'appelle pas comme ça en public, c'est gênant !
- Ok ma petite Azy'-chan. Comme tu voudras ma petite Azy'-chan. Répondit-il en posant sa main sur ma tête pour me caresser les cheveux.

Je laissai échapper un grognement de frustration qui ne manqua pas de faire se retourner la poignée de Valars qui restait, à mon grand désarroi. Je soupirai et relevais un regard ennuyé vers Kazuma qui semblait infiniment fier de lui. Il avait de la chance que je n'arrive jamais à lui en vouloir plus de quelques minutes : il avait presque toujours une phrase ou une mimique capable de briser mon irritation ou mon début de colère, la profonde affection (100 % platonique!) que je lui portait faisant le reste. C'en était presque effrayant à quel point il semblait me connaître, moi et mes humeurs plus que changeantes, au point qu'il semblait capable d’anticiper et de contrer le moindre petit début de dérapage. Ajoutez à cela qu'il n'hésitait pas à me recadrer en cas de besoin, toujours avec suffisamment de tact pour que je ne le prenne pas mal ou que je ne me braque pas. En fait il agissait un peu comme un garde-fou. Sa présence était vraiment réconfortante, et je réalisais subitement que j'avais été à deux doigts de perdre une personne essentielle à ma vie. C'était terrifiant.
Après ce bref silence, je me décidais enfin à me jeter à l'eau… je n'avais rien à perdre.

- Kazuma ?
- Mmmh ?
- J'aurais… un gros service à te demander.

Cela sembla le surprendre au plus haut point et devint soudain très sérieux.

- Je promets rien, mais vas-y.

J'hésitai une fraction de seconde, regardai autour de moi pour vérifier que personne ne pouvait nous entendre, puis me jetai à l'eau. Après tout, il avait quasiment toujours été à mes côtés et même si je ne le montrais pas forcément, son opinion avait toujours été très important pour moi, de ce fait j'hésitais rarement à lui demander conseil (d'une façon plus ou moins dissimulée). Il fut tout d'abord surpris en entendant ma requête, mais au fil de mes explications son regard s'empreint de douceur, et il m'interrompit en m'ébouriffant une nouvelle fois les cheveux.

- Pas de problème.

Je restai silencieuse une poignée de secondes, jaugeant sa réponse.

- Tu es sûr ? Je veux dire… tu as probablement autre chose à faire de tes journées, non ?

Il haussa les épaules et se détourna pour se diriger vers la sortie, les mains dans les poches.

- Probablement.
- Mais alors -…
- N'empêche que je t'aiderai. Maintenant repose-toi bien ma petite Azy'-chan, tu risques d'en avoir besoin dans les prochains jours.

Sur ces mots il sortit de la salle avant que j'ai pu rajouter quoique ce soit, la porte se refermant derrière son dos. Je restais plantée à ma place, seule, le regard toujours dirigé vers la sortie, avant d'esquisser un léger sourire désabusé. Bon sang, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter un type aussi formidable dans mon entourage ?


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3 jours plus tard, Akira n'avais toujours pas repris conscience. Néanmoins, après 48h dépourvues de toute rechute, il avait été jugé inutile de continuer à le monitorer, d'où l'absence de machine dans la chambre, offrant ainsi plus de place à Tiago. J'avais tout de même passé la première nuit à le surveiller, ne parvenant pas à me décider si l'absence du « bip bip » régulier de l'électrocardioscope me frustrait ou me soulageait. Le plus agaçant dans toute cette histoire, c'était  qu'on ne pouvait strictement rien faire à part attendre : seul Akira pouvait décider de se réveiller ou non, et à quel moment. Et j'aurais bien aimé qu'il se décide vite...


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Akira le Mer 12 Sep - 0:21

J'avais du mal à croire que seuls trois jours s'était passés depuis que Aki-nii-chan avait défié Anikeï. Cet événement avait été tellement fort en émotions et avait entraîné tellement d'activités au sein de l'école que j'avais l'impression que 3-4 ans étaient passés.

J'avais eu beau être exténuée, ma première nuit après cet "incident" avait été très courte. Je me réveillais au moindre bruit, craignant que ce ne soit le signe qu'on perdait de nouveau Aki-nii-chan. Mais heureusement, il avait réussi à passer sa première nuit à l'infirmerie et son état semblait s'être stabilisé. Kazuma-san et sa chouette d'Harry Potter avaient pu sortir dès le lendemain. Et heureusement pour lui, il avait eu la bonne idée de vite vouloir sortir car, même pas vingt minutes après son départ, Alice-san faisait son retour dans la chambre. Sur le coup, avec Komu'-chan on s'était redressés, prêts à la taser avec nos éclairs en cas de geste brusque de sa part (plus question de l'approcher d'être à portée de ses mains après la migraine éclaire qu'elle nous avait donné, d'autant plus que j'étais sûre qu'elle avait plus d'un atout dans ce genre-là dans sa manche). Heureusement, lorsqu'elle appris que Kazuma-san était parti, elle avait jeté un rapide coup d’œil à Aki-nii-chan avant de ressortir en marmonnant quelque chose comme déclencher 2-3 tumeurs à Kazuma-san (j'espère que j'avais mal entendu et priais quand même pour qu'elle ne le retrouve pas).

Mais le pire moment est arrivé en soirée, quand tout le monde s'est retrouvé dans la salle du conseil pour statuer sur le sort d'Aki-nii-chan. Rien que le concept de devoir décider de ça m'avait agacé mais Komu'-chan m'avait incitée à me calmer en me disant que je risquais d'aggraver son cas plus qu'autre chose. Mais quand je me suis retrouvée face à cet empaffé qui pestait contre lui comme un homme d'église hurlant sur une "sorcière" qu'elle allait brûler vive au bûcher, un courant électrique avait commencé à recouvrir mon corps et j'avais commencé à me lever, prête à lui coller mon poing dans la figure mais Komu'-chan m'avait une nouvelle fois retenue (je suis presque sûre qu'il a même utilisé son pouvoir de télépathe pour me rendre moins agressive car je me suis trouvée beaucoup plus posée pendant la suite des discussions).

Le plus frustrant, c'est qu'à la fin, rien n'avait été complètement décidé, même si Komu'-chan restait assez optimiste. C'est vrai qu'Aki-nii-chan avait fait n'importe quoi en choisissant Anikeï pour son épreuve. Mais c'est vrai que ce dernier lui avait quand même laissé une chance de changer d'avis et que, même après ça, il l'avait traîné jusqu'à l'arène, ce qui avait grandement réduit le nombre de victimes potentielles. Et même si on l'avait aidé, il avait réussi à tenir bon jusqu'au bout, malgré son rang d'Istari, face à l'Heren qui était sans doute le plus dangereux de toute l'école. Il avait donc bien montré qu'il méritait son rang de Valar ! Bon ok, prendre des décisions réfléchies, c'est pas son fort, mais il n'y a pas non plus un cahier des charges qui précise qu'un Valar doit avoir un doctorat ! Rien que l'autre empaffé, si un abruti pareil avait pu devenir Valar, c'est clair qu'Aki-nii-chan le méritait largement aussi !

Les deux autres jours passèrent à toute vitesse. Entre les blessés qui commençaient à sortir de l'infirmerie et les réparations de l'arène qui avaient commencé, il y avait de l'animation dans l'école. Pour ma part, j'avais fini par éviter de sortir dans les couloirs : pas mal de personnes qui m'avaient vu m'interposer entre Aki-nii-chan et Anikeï me reconnaissaient et me regardaient avec un mélange d'admiration et de pitié et ça commençait de plus en plus à m'agacer. Certains m'interpellaient pour me féliciter de mon courage (ce qui me faisait quand même plaisir sur le coup) mais quand je les entendais enchaîner sur des "même si c'est dommage que c'était pour sauver un gars comme lui" ou "il ne mérite clairement pas d'avoir une pote comme toi", là il n'y avait pas de Komu'-chan pour m'empêcher de leur coller un coup de poing dans la mâchoire pour qu'ils la ferme. Ce que ça peut m'énerver ces imbéciles qui jugent sans savoir ! Il n'y en a pas un qui se doute que sans Aki-nii-chan, je serais morte à l'heure qu'il est (soit par la dague empoisonnée de son frère qui a rendu son cœur plus fragile, soit après m'être faite poignardée par Anikeï) et juste parce qu'ils ont été trop cons pour ne pas l'écouter quand il leur a crié de s'enfuir de l'arène avant l'arrivée du dragon, ils lui crachent dessus. C'est plutôt eux qui auraient dû se faire arracher la jambe par ce fichu dragon.

Du coup, je passais la plupart de ma journée au chevet d'Aki-nii-chan. À ma grande surprise, il y avait quand même certaines personnes qui avaient appris où il était "hospitalisé" et qui venaient voir comment il allait (je crois qu'il sera content quand je lui dirai le nombre de filles qui sont passées le voir). De temps en temps, j'essayais de le réveiller en lui parlant ou en le secouant légèrement (je me suis même faite sermonnée par Azylis-san quand elle m'a surprise en train de faire voler de la nourriture au-dessus de sa tête. N'empêche que ça l'avait fait réagir : une fois sur trois, sa tête se tournait vers l'odeur qu'il devait détecter) mais à aucun moment il ne s'est réveillé. En fin de journée, Kazuma-san passait voir rapidement s'il y avait du nouveau avant de repartir à ses occupations. Et quand je sortait moi-même hors de la chambre, une étrange odeur qui n'était clairement pas celle du tabac trahissait le passage d'Alice-san. Les passages d'Azylis-san étaient plus rares mais en même temps, avec tout ce qu'elle avait à faire, c'était déjà miraculeux qu'elle trouve un moment pour passer dans les environs.

Au troisième jour d'inconscience d'Aki-nii-chan, je me décidai à sortir dans la cour intérieure de l'étage. J'avais fini par récupérer de ma blessure et l'idée de me dépenser me démangeait, surtout quand je regardais Aki-nii-chan. Même si Kazuma-san, le mystérieux dragon de glace qui semblait être son second Animae et moi l'avions aidé pour tenir jusqu'à la fin du temps imparti (et même s'il en a été littéralement mort pendant quelques instants), il avait réussi à tenir bien plus longtemps face à Anikeï que moi et Kazuma-san. Seule face à lui, je n'avais pas tenu plus de 5 minutes avant de devoir me retirer à cause de ma blessure alors que lui, même avec une main coupée et le corps en lambeaux et en sang, il a réussi à continuer à se battre jusqu'au bout. Et pourtant, je suis devenue une Valar capable de me déplacer à la vitesse du son alors qu'Aki-nii-chan était toujours au rang d'Istari. Je m'étais trop reposée sur mes nouvelles capacités alors que lui, il avait montré qu'il était clairement devant moi sur le plan des performances physiques. Et le pire, c'est qu'apparemment, il aurait été encore meilleur avec un second sabre en main !

Avant le début de l'épreuve, je priais très fort pour qu'il me choisisse pour superviser son épreuve, et sans surprise on aurait mené un duel aux sabres où j'aurais pu essayer de prendre ma revanche. Mais quelque part, heureusement pour moi qu'il avait choisi Anikeï à la place : il m'aurait sans doute humiliée en public en montrant à quel point il était meilleur que moi dans sur ce terrain. Et cette seule pensée, me frustrait horriblement ! J'étais certaine qu'on avait quasiment le même niveau alors qu'à aucun moment, il n'a été en mesure de se donner à fond vu qu'il n'a toujours qu'un seul sabre sur lui.

Et sa fusion ! Elle était aussi redoutable et effrayante que celle de son frère, peut-être même plus encore. Avec Komu'-chan, on avait réussi à mettre la fusion de son frère en difficulté alors que celle d'Aki-nii-chan faisait jeu égal avec Anikeï. On aurait même dit qu'il se moquait de lui par moments. Quand Aki-nii-chan aura pris l'habitude de manier ses pouvoirs de Valar et s'il se retrouve avec deux sabres en main, sa fusion sera imbattable !

Il faut absolument que je compense mon retard. Pas question de devenir un fardeau qu'il devrai protéger à chaque fois qu'il se passera une catastrophe (parce que, vu comment il semble attirer les ennuis comme un aimant, c'est sûr qu'il y en aura d'autres). Je veux pouvoir l'aider en cas de soucis (et même si c'est toujours des situations à risque qu'il provoque, ça reste des situations dans lesquelles on ne s'ennuie pas et je veux pouvoir en profiter aussi) !

En voyant qu'il n'y avait toujours aucun signe d'amélioration chez lui, je finis par m'éclipser de la chambre pour aller m'exercer dans la cour. Je tentai de faire abstraction des conversations des alentours que j'entendais et de me remettre dans le même état d'esprit que quand j'étais face à Anikeï. À sa seule pensée, mon corps se raidit, comme si la petite brise qui me caressait le dos était le signe du retour du froid glaciale de l'Heren Istarion. Je me mis à exécuter plusieurs mouvements au sabre, sans jamais rester à la même place. Mes déplacements et mes mouvements prirent rapidement de la vitesse et, très vite, devinrent à peine perceptibles à l’œil nu. Seul le son du courant électrique qui recouvrait mon corps et mon sabre pouvait indiquer à quelle vitesse j'exécutais mes gestes.

Quelques minutes plus tard, je finis par me poser sur un banc à proximité, légèrement en sueur et la respiration haletante. On va dire que ça suffira pour le moment. Je referai un peu d'exercices avant et après mangé. Aki-nii-chan a l'habitude de s'entraîner à chaque moment de libre, c'est en partie pour ça qu'il est meilleur que moi. Il faut donc que j'adopte au moins un rythme similaire pour ne pas continuer à être distancée.

Je regagnai la chambre où dormait toujours Aki-nii-chan en espérant qu'il y aurait une serviette avec laquelle je pourrai m'éponger le visage dans sa salle de bain. Même si ça ne servait à rien, j'ouvris doucement la porte de la chambre pour éviter de faire trop de bruit (alors que ça aurait au contraire eu plus de chances de le réveiller), puis entrais en jetant un classique regard vers le lit... vide ?!

- Oh non ! M'exclamai-je.

- Oh non non non non non ! C'est pas vrai ! Quand est-ce qu'il a bien pu se réveiller ??
M'affolai-je en me précipitant vers le lit, comme pour confirmer qu'il était bien vide.

Je me dépêchai d'appuyer sur le gadget qu'Azylis-san nous avait confié et que Komu'-chan m'avait laissé avant de sortir, puis envoyai aussitôt un sms à ce dernier pour le presser de vite revenir. Mon regard se posa ensuite sur la fenêtre ouverte. Qui c'est qui a eu l'idée de laisser la fenêtre de la chambre d'Aki-nii-chan ouverte ?? C'était sûr qu'il allait faire une gaffe dès son réveil. Et puis à quel moment il s'est dit qu'à peine réveillé d'un comas de trois jours après être revenu d'entre les morts ce serait une bonne idée de s'échapper par la fenêtre aussi ?!

Je me dépêchai de contourner le lit et me penchai par le rebord de la fenêtre.

- AKI-NII-CHAN !!! Criai-je par la fenêtre.

- REVIENS ICI TOUT DE SUITE !!! OU ES-TU ?? TU N'ES PAS EN ÉTAT DE SORTIR VOLER !!! AKI-NII-CHAN !!!


- Pourquoi tu cries comme ça par la fenêtre ? M'inquiétai-je en lui tapotant l'épaule.

Apparemment, elle ne m'avais pas entendu arriver car elle poussa un cri de panique tout en sursautant. Elle se retourna, toujours autant affolée mais se figea sur place lorsqu'elle me reconnut. Ses yeux passèrent de l'affolement au grand soulagement.

- Qu'est-ce qui se passe ? C'était quoi ce sms enco-... Oh ben ça, si je m'attendais.

- Aki-nii-chan ! S'exclama Katsue en se jetant dans mes bras, me faisant tomber en arrière et atterrir sur le lit.

Je mis quelques secondes avant que ma tête s'arrête de tourner puis, avec un sourire amusé, je lui rendis son étreinte, réalisant qu'elle avait dû beaucoup s'inquiéter.

- Content de te revoir aussi. Répondis-je d'une petite voix.

Elle maintint son étreinte encore un moment (pendant un instant, j'eu l'impression d'être avec Azy-san), puis finit par me relâcher et se redressa pour me faire face. Son sourire trahissait sa joie, ce qui me tira également un sourire en retour. Puis, sans prévenir, elle me colla une gifle qui me donna de nouveau le tournis.

- Ça c'est pour m'avoir fichu la peur de ma vie dans l'arène. Et ça...


Elle me donna une claque sur l'autre joue, me refaisant tomber sur le matelas du lit.

- ... c'est pour m'avoir fait croire que tu t'étais enfui. Où t'étais passé ??


- Euh...


Lorsque j'ouvris péniblement les yeux, ma vision eut du mal à accommoder avec mon environnement trop éclairé. Je dus mettre une bonne minute entière avant de pouvoir identifier les formes qui m'entouraient. J'étais allongé dans le lit d'une chambre d'infirmerie ou d'hôpital. L'odeur des produits médicaux me piquaient le nez, ce qui me confirma que je ne mettrai pas longtemps avant de quitter cet endroit.

La pièce était vide. Je pouvais clairement entendre les passages qui se faisaient dans le couloir ainsi que des brides de conversations. Je mis un certain temps à me demander ce que je faisais ici. Puis, telle la gifle que j'allais recevoir plus tard par Katsue, mes souvenirs refirent surface. Anikeï-sama essayant de me tuer pour de bon, le dragon rouge borgne. Katsue s'interposant entre Anikeï-sama et moi afin de me sauver. L'intervention de Kazuma-san qui nou avait sauvé tout les deux. Le public mis en danger. Katsue puis Kazuma-san à leur tour en danger de mort. Tiago impuissant face au dragon rouge et moi totalement incapable de lui porter secours malgré ses cris de douleur. L'arrivée du dragon blanc avec des yeux identiques à ceux de Tiago (et donc aux miens). Le combat entre les deux dragons. L'arène en ruine et en proie aux flammes. Mon impuissance face à Anikeï-sama qui ne semblait avoir aucune limite.

Mon cœur avait commencé à s'emballer tellement fort qu'il me faisait mal à la poitrine. C'est ce qui me tira de mes pensées qui avaient commencé à me faire paniquer.

* Tiago, tu vas bien ? *

* Akira ! Tu es réveillé ! J'arrive tout de suite ! *

Je pus voir à travers ses yeux qu'il était en train de voler au-dessus de l'arène où plusieurs personnes, sans doute des Valar, étaient en train de poursuivre les travaux de reconstruction avant qu'il ne prenne la direction du bâtiment principal de l'école.

Un soupir de soulagement m'échappa. Vu sa réactivité, il avait l'air d'aller bien, même si je sentait qu'il s'était fait du soucis. Parmi les odeurs de médicaments présents dans la salle, je pouvais également flairer l'odeur de Katsue et Komuro qui semblaient avoir été là il y a peu, signe qu'ils devaient aller bien également. J'espère que Kazuma-san a pu s'en tirer également, il avait quand même perdu sa jambe et avait été éjecté à grande vitesse dans les gradins.

Alors que je continuais à examiner et humer les indices de la chambre qui pouvaient m'éclairer sur l'état de santé des personnes que je connaissais, j'entendis un bourdonnement inquiétant provenant de la fenêtre qui, au vu de mon ouïe, avait raisonné comme s'il avait été juste à côté de mon oreille. Une guêpe venait d'entrer par la fenêtre ouverte. Je me raidis aussitôt. Je n'ai pas spécialement peur de ces bestioles mais ces saletés ont la fâcheuse tendance à piquer gratuitement, même quand elle ne sont pas agressée. Lorsque je la vis s'approcher et se poser sur mon oreiller, je bondis hors du lit et filai à toute allure dans la salle de bain où je m'enfermai aussitôt. Sauf que j'avais clairement surestimé mes forces : malgré l'obscurité, ma vision était assez développée pour que le filet de lumière qui passait sous la porte me permette d'y voir aussi clairement qu'en plein jour, et cette vision de la salle de bain que j'avais commençait devenir floue. La tête commença à me tourner et un voile blanc apparut dans mon champs de vision et je perdis l'équilibre. J'atterris en position assise sur les toilettes avant de perdre de nouveau connaissance.

Je ne sais pas combien de temps je restai inconscient, ce furent les cris de Katsue qui me réveillèrent. Elle avait l'air affolée (et pas à cause de la guêpe). Je me dépêchai de me redresser et de sortir pour la rejoindre.



- Euh... J'étais aux toilettes. Répondis-je finalement.

C'était toujours moins gênant de répondre ça que ce qui s'était vraiment passé. Elle me regarda d'un air soupçonneux mais mon air gêné sembla la convaincre (en même temps, je n'étais vraiment pas fier, même si c'était pour autre chose).

- Désolé. Finis-je tout de même par lui répondre en me massant la dernière joue frappée.

Komuro s'avança vers moi à son tour d'un air pas très rassurant. Je fermai les yeux, prêt à recevoir un nouveau coup que je savais mérité. Mais plusieurs secondes passèrent sans qu'il ne se passe rien.

- T'inquiète, je vais pas te frapper. Me dit-il d'un ton pas rassurant pour autant.

Je rouvris les yeux avec surprise et le regardai avec interrogation. Il approcha sa main vers moi et la posa sur ma tête.


Le cri de douleur de Tiago me vrilla les oreilles. J'étais de nouveau dans l'arène, à genoux au sol face à Anikeï-sama. Ttiago était également au sol, blessé, et le dragon l'écrasait de tout son poids, l'empêchant de se relever. Ses crocs étaient plantés dans le cou de Tiago, faisant crier de douleur ce dernier.

- ARRÊTEZ ÇA !! Lui hurlai-je en levant mon katana en l'air.

Mais une nouvelle fois, son coup de poing me fit tomber au sol. Une nouvelle fois, il me désarma en m'écrasant la main.

- Arrêtez ça. Le suppliai-je de nouveau, les larmes aux yeux.

Une nouvelle fois, il fit exploser ma main artificielle après l'avoir gelée.

- Je vous en prie. Arrêtez-le.

Mais une nouvelle fois, les hurlements de Tiago furent la seule réponse que j'obtins.

- ARRÊTEZ ÇA ! C'est bon, ça suffit ! J'aband-


Mais une nouvelle fois, il m'empêcha de mettre fin au calvaire de mon Animae en me gelant les lèvres, me privant ainsi de la possibilité d'abandonner. Une nouvelle fois ma respiration s'emballa et la panique me saisit.

Pitié ! Faites que ça s'arrête ! N'importe qui ! Sauvez Tiago ! Arrêtez ça !

Arrêtez ça ! ARRÊTEZ ÇA !



- ARRÊTEZ ÇA ! Hurlai-je sans me rendre compte que j'étais revenu à la réalité.

J'étais en sueur, la respiration haletante. J'étais complètement paniqué.

* TIAGO ! Tiago ! Où es-tu ?? *

* Je suis presque là ! *

Ouf, il allait bien. Je relevai les yeux vers Komuro, totalement effrayé à l'idée de le voir de nouveau approcher sa main de mon visage. Il me fixa d'un air menaçant.

- Si jamais tu remets Katsue en danger, je t'enfermerai à jamais dans une illusion comme celle-là que tu revivras en boucles jusqu'à ce que tu en meurs. Sauf que ton cerveau sera reconfiguré pour que tu n'aies même pas l'idée de te suicider.
Murmura-t-il d'une voix menaçante.

- Compris ?

- Ou- Oui. D-Désolé. Lui répondis-je aussitôt en essayant d'éloigner mon visage le plus possible.

- Super ! Bon retour parmi nous alors ! S'exclama-t-il avec un grand sourire chaleureux et de son timbre de voix habituel.

Ce qu'il venait de me faire vivre et son soudain changement d'humeur m'empêchèrent de trouver quelque chose à lui répondre. Il n'était vraiment pas le rival de grand frère Serizawa pour rien. À sa manière, il était même plus sadique que lui.


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Azylis le Ven 21 Sep - 2:22

J'expirai lentement par la bouche avant de toquer d'une main tremblante contre la porte, mon autre main retenant toujours fermement Fenrir par la fourrure de son encolure.

- Je vois que la Belle-au-bois-Dormants a enfin décidé de nous faire l'honneur de son réveil, lançai-je d'une voix égale lorsque tout le monde se rendit compte de ma présence.

*Putain Komuro ! J'ai faillis te lâcher Fenrir à la gorge !*

Ce dernier était d'ailleurs toujours tendu, la queue horizontale, les babines légèrement retroussées et le regard alerte. Il jeta un regard furieux au Valar, un sourd grognement s'échappant de sa gorge.

Je passai la tête hors de la chambre et lançai à mes collègues :

- C'est bon fausse alerte, ils étaient simplement en train d'exprimer leur joie intense de se revoir. A première vue pas d'Anikeï dans les parages, mais je vais quand même vérifier sous son lit et dans le placard.

Autant certains me lancèrent un regard mi rassuré mi amusé, autant la plupart se montrait plutôt méfiant et sceptique (doux euphémisme), mais en voyant que je ne comptais pas élaborer davantage, tout le monde reprit plus ou moins rapidement ses occupations. Certains plus agacés que d'autres.

- Essayez de régler vos comptes un peu plus discrètement à l'avenir, dis-je en refermant la porte derrière moi, Fenrir à mes cotés. L'ambiance a été suffisamment tendue ces derniers jours, nos pauvres guérisseurs et derniers blessés n'ont pas forcément besoin de stresser davantage.

Je me campai devant Akira les bras croisés, et le toisai scrupuleusement de haut en bas.

- Comment tu te sens ? Des douleurs quelque part ? Pas de vertiges ?

Fenrir s'approcha à son tour et entreprit de renifler le Piaf sous toutes les coutures, non sans lui avant décoché un regard perçant pour le dissuader de toute protestation. Il finit par reculer d'un air satisfait.

*Il ne semble pas s'être de nouveau blessé depuis son réveil, je ne sens plus que l'odeur de vieux sang séché*
*Manquerait plus que ça...*


Je me saisis du stéthoscope posé sur sa table de nuit, et le fis tourner machinalement dans ma main en attendant sa réponse.


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Akira le Sam 22 Sep - 11:45

Tout le monde tourna le regard en direction de la porte au son des coups donnés sur cette dernière. Azylis-san se tenait à l'entrée tout en retenant Fenrir d'avancer. Je crois que c'était la première fois que je la voyais dans un état pareil : elle avait de grandes cernes violettes sous les yeux, ses cheveux n'avaient clairement pas été coiffés depuis un moment et je percevais même des traces de ce que je supposais être de l'encre sur sa joue. Elle n'avait pas l'air avoir eu de repos depuis un moment (et mon flair m'indiquait qu'elle n'avait pas pris de douche pendant tout ce temps non plus). Apparemment, il y avait du monde derrière elle à qui elle s'adressa rapidement.

Komuro jeta un rapide coup d’œil à Azylis-san et se contenta de lui adresser un sourire en coin avant de s'éloigner du lit pour lui donner le relais ainsi qu'à Fenrir. Quand ce dernier approcha son museau de moi, je me raidis un peu, pas vraiment rassuré. Mais il ne fit que me renifler avant de reculer d'un air satisfait. C'était bizarre comme auscultation mais au moins ça n'avait pas duré longtemps.

- Encore un peu engourdi...

Surtout depuis la paire de gifles que j'avais reçu.

- ... mais sinon je pense que ça... va... Répondis-je en fixant le stéthoscope qu'elle venait de saisir d'un air méfiant.

Je n'ai rien contre le délire de l'infirmière (au contraire) mais là, je n'avais clairement pas envie qu'elle approche ce truc vers moi. Je me tins sur mes gardes, prêt à filer par la fenêtre qui était toujours ouverte.

Je jetai un rapide coup d’œil vers Katsue mais cette dernière s'approcha de son cousin, furieuse. Elle lui attrapa le col de son haut pour le forcer à approcher son visage du sien.

- Qu'est-ce que tu lui as fait ? Lui demanda-t-elle d'une voix menaçante.

- C'est pas tes affaires. Répondit-il sur le même ton.

- Arrête de te foutre de moi. J'ai pas besoin que tu veilles sur moi, surtout si c'est pour menacer celui qui m'a déjà sauvée. Alors réponds : tu lui as fait quoi ? S'énerva-t-elle.

Komuro siffla d'agacement et la repoussa pour la forcer à le lâcher.

- Ça va. Juste une mise en garde c'est tout. Répondit-il en se dirigeant vers la sortie.

Mais Katsue balaya l'air de sa main dans la direction opposée et Komuro fut violemment projeté contre le mur, ce qui sembla le sonner un peu. Elle s'approcha de lui, des étincelles électriques s'échappant de son corps sous l'effet de l'agacement.

- Réponds. Lui ordonna-t-elle.

Komuro finit par soupirer en levant les yeux au ciel.

- Il a juste revécu le moment où son Animae se faisait massacrer par le dragon et qu'Anikeï l'empêchait d'aller l'aider.
Finit-il par lâcher avec agacement.

Katsue écarquilla les yeux d'horreur et recula d'un pas, relâchant son cousin de son pouvoir de télékinésie.

- Mais tu es fou... ? Il ne m'a rien demandé ! J'y suis allée de moi-même !


Un grognement de Fenrir les coupa dans leur élan. Ils se turent aussitôt et se retournèrent vers Azylis-san, toujours face à moi.

- On en reparlera. Murmura Katsue.

- Tu perdras encore.
Répondit Komuro sur le même ton.


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Azylis le Mar 9 Oct - 1:40

- Encore un peu engourdi...

Rien de bien étonnant à ça quand on sait ce qu'il a vécu. C'était même étonnant qu'il arrive à se tenir droit sans tanguer et sans se plaindre de vertige: je n'aurais d'ailleurs pas été étonnée de le retrouver les bras en croix après s'être levé trop brutalement, comme le beau crétin qu'il était… à croire qu'il était plus solide qu'on ne le pense.

- ... mais sinon je pense que ça... va...

Je relevais un sourcil devant son air méfiant, puis baissai le regard sur mon stéthoscope avant de cesser de le faire tournoyer : si ça c'est pas la tronche d'un Piaf qui va rendre les choses difficiles, c'est que je le connais encore moins bien que je le pensais.

- T'inquiète, je ne compte pas te frapper avec.

Même si ce n'est pas l'envie qui me manque.

- Ni même t'étrangler, il me manque environ 2min59 de tranquillité pour pouvoir arriver à mes fins, et je ne suis pas certaine que Katsue me les laisse, dis-je avec un sourire en coin en me retournant pour regarder les cousins se disputer. D'ailleurs tu as de la chance de les avoir comme amis... Surtout la demoiselle. Prends soin d'elle, c'est une perle rare.

Mon regard s'était fait doux en se posant sur Katsue. Elle n'avait pas hésité à se jeter dans la bataille au péril de sa vie, malgré la puissance écrasante d'Anikeï.

- ... Ou plutôt une vraie tigresse, grimaçai-je en voyant Komuro se manger méchamment le mur. A ta place j'éviterais de la contrarier.

En voyant la tension grimper d'un cran, je laissai retomber ma tête en soupirant de lassitude : je n'avais vraiment pas envie d'avoir à les séparer si ça partait en sucette, mais l'idée que la chambre se transforme en mini arène n'était pas beaucoup plus attirante. Heureusement Fenrir décida d'intervenir avec un bon gros grognement des familles, agacé par tout ce remue-ménage : il n'était déjà pas forcément de très bonne humeur dernièrement, alors devoir en plus subir – je cite -  « les piailleries d'humains », c'était vraiment la dernière de ses envie. En même temps… je ne pouvais pas tellement en vouloir à Katsue d'être sortie de ses gonds : c'était vraiment une punition cruelle de la part de Komuro, borderline sadique d'ailleurs. Mais si ça pouvait mettre du plomb dans le crâne du piaf…

- Bref passons, marmonnais-je en refaisant face à notre ex-estropié. Je vais être très honnête avec toi : je suis fatiguée, j'ai une montagne de boulot à finir, et le temps me manque. Sauf que je DOIS vérifier si tout va bien chez toi après le spectaculaire massacre que tu as subi, et aussi confiante que je puisse être en mes capacités, il y a certaines constantes que je ne peux pas mesurer à l'oeil nu. Je ne compte pas te faire passer un examen cliniquement poussé, je me contenterai de ta tension, ta température, ton rythme respiratoire, et bien évidement… de ton rythme cardiaque.

Je lui lançai un regard appuyé à la fin de ma phrase, les bras croisés sur ma poitrine.

- Et une petite prise de sang en bonus, histoire d'être certaine que tout va bien sur le plan bio-chimique. A tout péter, et si tu es sage, ça devrait prendre grand max 7 minutes, chronomètre en main si tu insistes. Après ça je te laisserai tranquille. Je pourrais même te faire monter un repas si tu veux, il me semble que c'était spécial hamburger gastronomique ce midi, en tout cas ça sentait super bon. Vu que tu n'as rien dans le ventre depuis plus de 48h, je pense que tu risques d'avoir un creux d'ici 1h, voir une poignée de minutes. Et plus vite j'en aurais fini avec mon examen, plus vite je te foutrai la paix.

Mon regard glissa vers la fenêtre grande ouverte (mais qui a eu l'idée à la con de l'ouvrir?!), et mes pensées allèrent à la porte, certes fermée, mais non verrouillée derrière moi. Shit.

- Après si tu préfères rendre le choses plus compliquées, libre à toi, je n'ai pas envie de me battre. Sache juste que de Un je ne te laisserai pas sortir par la porte, de Deux tu es certainement trop faible pour te transformer sur le long terme, et de Trois…

Je m'éclaircis la gorge, et enchaînai d'une voix volontairement claire et audible par tous:

- ... si tu parviens à sortir malgré tout et qu'il y a en effet encore quelque chose qui cloche, tu risquerais de ruiner les efforts de toutes les personnes présentes dans cette pièce. Ce serait tout de même dommage que quelque chose, on va dire au pif ton coeur, te fasse défaut alors que tu es parti en vadrouille... Pas certaine qu'Alice apprécie que son aide soit réduite à néant. Et je ne parle pas de ma double.


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Re: Corbillat deviendra corbeau (tous les Valar et Heren Istarion qui voudront)

Message par Akira le Mar 23 Oct - 0:35

En entendant les compliments que lui faisait Azylis-san, Katsue se raidit et se mit à rougir. Elle ne savait clairement plus où regarder, ce qui me tira un sourire amusé. C'est vrai que, malgré le fait que ça ait failli lui coûter la vie, j'avais de la chance qu'elle m'apprécie assez pour ne pas avoir hésité à se mettre en danger pour me sauver la mise.

- À ta place, j'éviterais de la contrarier.

- Oui... Je sais... Répondis-je en me massant instinctivement la dernière joue qu'elle avait frappé et qui était encore chaude.

En entendant Azylis-san mentionner le fait qu'elle était fatiguée, je baissai les yeux par culpabilité. Je me doutais bien que c'était en bonne partie à cause de moi si elle était dans cet état. Par contre, je les relevai avec une mine interrogatrice lorsque sa voix insista sur le fait d'évaluer mon rythme cardiaque. Qu'est-ce qu'il a mon rythme cardiaque ? J'ai un truc qui ne va pas au cœur ou qu-... Ah... Oui... La dague empoisonnée de grand frère Serizawa, c'est vrai. Je suppose qu'elle avait du identifier qu'il y avait un truc qui clochait pendant qu'elle me soignait grâce à son pouvoir de guérisseuse.

- Ok. Finis-je par répondre en détournant de nouveau le regard.

Par contre, lorsqu'elle mentionna l'idée de me faire monter quelque chose à manger après ça, je jetai un rapide coup d’œil à la porte et à la fenêtre. J'étais, certes, prêt à manger tout ce qui me tomberait sous la main mais pas question de me faire livrer. À l'instant où l'examen est terminé, je quitte cette pièce.

- Tu ne mettras pas un pied dehors tant qu'on ne t'y aura pas autorisé. Me prévint Komuro, les bras croisés contre son torse avec un sourire en coin.

Je lui jetai un coup d’œil assassin. Ce que je peux détester ce pouvoir de télépathe. J'espère vraiment que j'avais suffisamment récupéré pour qu'Azylis-san annonce que j'allais vite pouvoir sortir. Non seulement les cousins pouvaient vite me rattraper avec leur super vitesse mais si Alice avait participé, je n'avais pas envie de la mettre plus en colère qu'elle ne devait déjà l'être.

Je restai donc immobile pour laisser Azylis-san faire ce qu'elle avait à faire en évitant de la regarder directement (je n'osais pas croiser son regard et je ne voulais pas risquer de buguer sur sa poitrine).

- Désolé. Finis-je par murmurer au bout de quelques secondes de silence.

Je voulais lui demander comment allait Kazuma-san ainsi que les personnes qui étaient restées dans l'arène et qui avaient subi des dommages collatéraux mais je n'osais pas poser la question. J'étais certain de recevoir une réponse cinglante et pleine de reproches mérités tout en craignant d'avoir ma réponse.


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